Au fil des mots...

Baudelaire - L'horloge

le 24/11/2006 à 22h39

L'horloge

Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !"
Les vibrantes douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible ;

 

Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison

 

Trois mille six cents fois par heure la Seconde
Chuchote: Souviens-toi !- Rapide, avec sa voix
D'insecte, maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

Remember ! Souviens-toi ! Prodigue ! Esto memor !
( Mon gosier de métal parle toutes les langues).
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

 

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi,
Le jour décroît ; la nuit augmente; souviens-toi !
La gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide,

 

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le Repentir même ( oh! la dernière auberge ! ),
Où tout te dira : Meurs vieux lâche ! Il est trop tard !

Baudelaire - A une passante

le 24/11/2006 à 22h47

A une passante


La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?
 
Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! peut-être !
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

Cher atome...

le 24/11/2006 à 22h50

Cher atome,



Depuis que l'acide de ton charme a attaqué le métal de mon coeur,la pression risque à tout moment de soulever la soupape de ma timidité.


Je suis attirée vers toi par une force inversement proportionnelle à la racine carrée de la distance qui nous sépare.


Tu es, le sinus de mes rêves, le cosinus de mes désirs, la tangente de mes moments, la cotangente de mes tourments, et maintenant, ayant fais la synthèse la plus sympathique, en attendant les réactions chimiques, reçois mes baisers les plus magnétiques.


                                            Signé : un électron qui n'ose avouer sa charge électrique...

Amour

le 24/11/2006 à 23h14


"Là où on s'aime, il ne fait jamais nuit."

La vie

le 24/11/2006 à 23h28


La vie est une maladie mortelle."

Passions

le 24/11/2006 à 23h38


"Peut-on vivre sans passion ?"

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